L'atelier Madoura à Vallauris
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Cette terre attire artistes et artisans qui lui donnent un nouvel élan. Parmi eux, Suzanne et Georges Ramié fondent l’atelier Madoura. Suzanne Ramié, née Douly (1905-1974), diplômée de l’École des beaux-arts de Lyon puis dessinatrice textile, s’installe à Vallauris et se forme à la technique de la céramique auprès de Jean-Baptiste Chiapello. En 1938, elle loue une fabrique désaffectée consacrée à la poterie culinaire à une famille de potiers, les Foucard-Jourdan6. Jules Agard, tourneur, lui apporte son aide. Georges Ramié, qui gérait à Théoule une « entreprise d’arboriculture », rejoint son épouse en 19407. Ils créent ensemble le nom «
Après sa création, l’atelier s’agrandit mais conserve une taille humaine, comptant au fil des années environ six à sept personnes9. Le premier collaborateur de l’atelier, Jules Agard, ancien apprenti tourneur à la Maison Jérôme Massier, devient en 1939 tourneur de forme auprès de Suzanne Ramié, et ce, jusqu’en 197010. Il fut le tourneur de Picasso mais également d’autres artistes qui collaborent avec l’atelier, à l’instar de Chagall, tournant les pièces d’après leurs esquisses et croquis11. En 1948, l’essor de l’activité de l’atelier Madoura nécessite l’aide de Jean Derval12. Arrivé à Vallauris en 1948, il travaille chez Robert Picault et Roger Capron13 puis à l’atelier Madoura14, en tant que graphiste15. Employé chez Madoura jusqu’en 195216 (puis remplacé par Raymond Legrand17), il prend part à l’élaboration d’ un «
André Verdet, poète et créateur de céramiques à l’atelier, rend hommage à son amie Suzanne Ramié en 1974, à travers un texte où il évoque le travail d’équipe à l’atelier
En 1940, le contexte de la guerre et la présence des troupes italiennes dans le sud-est de la France entraînent le départ de Suzanne Ramié à Lyon avant son retour à Vallauris lorsque les conditions le permettent20. Durant cette période, les Ramié entretiennent une solidarité envers les artistes installés en zone libre en partageant des repas21. Suzanne Ramié est la figure de proue de l’atelier. Renée Moutard-Uldry la nomme d’ailleurs «
Picasso, assisté notamment de Jules Agard, Yvan Oreggia et Dominique Sassi, crée de nombreux croquis, des pièces originales mais également des éditions. L’artiste mêle des formes zoomorphes et anthropomorphes, comme sur un vase intitulé Gros oiseau visage noir (1951, tiré à 25 exemplaires numérotés) (fig 1). Yvan Oreggia se souvient en ces termes de ce travail : «
D’autres artistes viennent à leur tour y travailler. En 1961, la galerie Madoura rend hommage à ces collaborations à travers une exposition intitulée Pléiade, comptant des œuvres de vingt artistes dont Picasso, Chagall, Brauner et Matisse. Matisse crée une dizaine d’assiettes à l’atelier Madoura en 1948, à l’instar d’un Plat (1948, musée de Faenza29) figurant une «
Chagall, qui s’essaie également à la sculpture, est confronté à la «
Dans ce lieu historique de production de céramiques, la terre est transformée pour devenir la matière d’œuvres singulières et empreintes du génie de leurs auteurs dans une atmosphère propice à la création. Ainsi, l’art et l’artisanat s’y rencontrent et donnent naissance à de nombreuses céramiques d’artistes qui ont participé à la postérité du lieu. L’atelier Madoura, conservé, est aujourd’hui la propriété de la communauté d’agglomération de Sophia Antipolis38, et qualifié de «